Coprésence(s) et altérité(s) culturelle(s) à la scène de la fin du XVIIIe siècle à nos jours
L’un des objectifs majeurs de ce numéro de Germanica portant sur « Coprésence(s) et altérité(s) culturelle(s) à la scène de la fin du XVIIIe siècle à nos jours » est d’interroger la pertinence du concept de « coprésence » au théâtre. De fait, la notion de coprésence renvoie tout autant à la présence simultanée des producteurs et des spectateurs d'une œuvre théâtrale qu’à celle des cultures, diverses, qui se déploient au sein d'un espace public. La dualité de cette approche permet à la fois d’interroger les tenants et les aboutissants des rapports (conflictuels, dialogiques, etc.) qu’instaure la coprésence au théâtre et de questionner les inflexions de l’altérité culturelle sur scène, autrement dit d’articuler les questions de la coprésence et de l’altérité culturelle. En outre, étudier les phénomènes de coprésence permet d’interroger les zones où les différences, ainsi que les énergies que celles-ci libèrent, entrent en contact et y deviennent visibles. De ce fait, mobiliser la notion de coprésence permet de relativiser la binarité et la polarité que d’aucuns voient attachées au concept d’altérité. Celle-ci peut alors peut être envisagée sous l’angle des dynamiques plurielles qui sont engagées dès lors qu’a lieu une rencontre ou une confrontation. La coprésence conduit ainsi à penser la relationnalité, la poïétique du lien et de la réciprocité qui fondent l’altérité, tout en mettant à l’épreuve la multidimensionnalité qui lui est intrinsèque. Étant préhensible grâce à diverses catégories d’analyse, telles que la spatialité, la temporalité et les subjectivités, la coprésence permet de sonder les différentes manières dont la diversité peut s’inscrire dans le monde pour l’habiter et, in fine, le constituer dans toute sa matérialité et sa fluidité.