Resonanz
Revue d’études franco-germaniques

La revue Resonanz se consacre à l’étude de phénomènes d’échos franco-germaniques envisagés depuis un arrière-plan européen et mondial. Elle s’attache à analyser la manière dont idées, formes, pratiques et discours circulent entre espaces culturels, se transforment au contact les uns des autres et produisent des effets de résonance qui excèdent les cadres nationaux. Ces phénomènes sont abordés dans une perspective interdisciplinaire, attentive à la fois aux dimensions sociales, culturelles, historiques et esthétiques des objets étudiés.

Au plan scientifique, la revue s’inspire des réflexions sur la résonance (notamment celles de Hartmut Rosa). En effet, ces propositions théoriques offrent un cadre conceptuel particulièrement fécond pour penser les modalités d’écho, d’interaction, de transformation et de variation à l’œuvre dans les relations culturelles dans une relation critique au monde contemporain. La notion de résonance permet ainsi de saisir des dynamiques relationnelles qui ne se réduisent ni à la simple influence ni à la transmission linéaire, mais impliquent des formes de réponse, d’appropriation et de reconfiguration.

Dans cette perspective, la revue accorde une attention particulière aux processus de circulation et de recontextualisation des idées. Elle s’inscrit dans une approche attentive aux usages, aux reformulations et aux déplacements des concepts, dans le sillage d’une lecture généalogique et/ou archéologique, inspirée des travaux de Michel Foucault. Il s’agit moins de retracer des filiations linéaires que de suivre les transformations, les reprises et les écarts qui se produisent lorsque des idées et des pratiques circulent entre différents contextes culturels, historiques et discursifs à l’exemple de la sémantique historique de Reinhart Koselleck et de la métaphorologie de Hans Blumenberg. Une telle approche permet de mettre en lumière les formes d’appropriation, de traduction et parfois de tension qui accompagnent ces transferts.

Par ailleurs, Resonanz explore les formes esthétiques que prennent ces phénomènes d’écho, qu’il s’agisse de réécriture, de traduction, de transposition ou de circulation entre médias. Elle s’intéresse aux logiques d’itération et de variation qui structurent les productions culturelles, en dialogue avec des traditions de pensée soit philologiques et d’herméneutique matérielle (on pense à Peter Szondi ou à Jean Bollack), soit de réflexion sur les formes de savoir en lien avec la critique de la visualisation ou classification (on peut penser à une lignée de penseurs allant d’Aby Warburg à Georges Didi-Huberman), qui ont mis en évidence la persistance, la migration et la reconfiguration des formes et des motifs à travers le temps et en fonction des supports. Ces perspectives permettent de penser les œuvres à la fois dans leur matérialité propre et en même temps comme des lieux de circulation et de réactivation d’imaginaires.

Les contributions pourront ainsi croiser ces différentes dimensions ou privilégier l’une d’entre elles, à partir d’objets précisément situés. La revue entend accueillir des travaux originaux, fondés sur des corpus et des approches rigoureuses, susceptibles de renouveler l’analyse des relations franco-germaniques dans une perspective ouverte, relationnelle et attentive à la diversité des contextes historiques