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L'édition 2026 de l'Eurovision est boycottée par cinq pays européens qui protestent contre la participation d'Israël. Officiellement apolitique, le concours subit en réalité chaque année les soubresauts des tensions mondiales.

Avec

  • Florent Parmentier

    Secrétaire général du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, spécialiste de la géopolitique et de la prospective

  • Sébastien Appiotti

    Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication au CELSA – Sorbonne Université

  • Solène Scherer

    Docteure en études germaniques et ingénieure d’études à Aix-Marseille Université

 

Ce sont trois soirées annuelles au rituel immuable, trois soirées de paillettes, de sourires toutes dents dehors, de chorégraphies millimétrées, de vibratos travaillés et d’effusions ostentatoires, trois soirées où sont répétées en boucle les valeurs portées par l’Eurovision : la musique, la diversité, l’inclusivité et l’union. L’Eurovision, qui se joue donc chaque année en deux demi-finales suivie d’une finale, se veut, depuis sa fondation il y a 70 ans, apolitique, comme arrachée aux tensions du monde. Pourtant, depuis sa création et plus particulièrement encore depuis le 7 octobre 2023, la scène de l’Eurovision est traversée par les guerres ou les affrontements identitaires qui se jouent hors des salles de concert. Les deux dernières éditions, en 2024 à Malmö et en 2025 à Bâle l’ont bien montré puisqu’hors du champ des caméras, des centaines de manifestants ont déployé des drapeaux palestiniens et dénoncé la présence d’Israël. Et cette année encore, l’Eurovision s’annonce encore éminemment politique puisque cinq participants habituels - l’Espagne, la Slovénie, les Pays-Bas, l’Irlande et l’Islande - ont décidé de snober l'événement, toujours pour protester contre la participation d’un candidat israélien, tandis que d’autres, comme l’Allemagne, ont dit leur incompréhension face à ce boycott.

Comment l’Eurovision, née dans le sillage de la construction européenne, s’est-elle peu à peu élargie au point d’accueillir aujourd’hui Israël, mais aussi l’Australie ? Comment ce concours est-il devenu l’un des événements les plus médiatisés derrière les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football ? Comment cet écho mondial a fait de l’Eurovision une tribune idéale pour les États souhaitant façonner leur image ? Et comment, de chantre de l’inclusivité et de la diversité, le concours est-il peu à peu devenu un terrain d’expression des antagonismes géopolitiques ?

Mélanie Chalandon s'entretient avec Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF, le Centre de recherche de Sciences Po, et Sébastien Appiotti, maître de conférences en information et communication au Celsa-Sorbonne.

Focus - Avec l’Eurovision, Vienne et l’Autriche se racontent

Avec Solène Scherer, docteure en études germaniques et ingénieure d’études à Aix-Marseille Université.

Cette année, Vienne accueille l’Eurovision pour la troisième fois de son histoire après 1967 et 2015. De Conchita Wurst à la célébration de son patrimoine, l’Autriche a fait du concours musical une vitrine pour revendiquer son identité, entre cœur de la Mittleuropa, progressisme et musique.

Pour aller plus loin

  • Florent Parmentier, Géopolitique de l'Eurovision, Bréal, 2026.
  • Sébastien Appiotti (dir.), Lisa Bolz (dir.), Comprendre l'Eurovision, MkF, 2026.

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Référence musicale


 

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